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Le guide · Traitement

pH et chlore, les deux chiffres qui décident de tout

Deux mesures suffisent au quotidien. Mais la seconde ne sert à rien si la première est fausse, et c’est l’erreur la plus répandue sur les bassins de Marrakech.

Mis à jour en septembre 2026

Un propriétaire de piscine ajoute du chlore, constate que l’eau ne s’améliore pas, et en ajoute davantage. Dans neuf cas sur dix, le problème n’est pas la quantité de chlore : c’est le pH.

Le pH décide de ce que fait le chlore

Le chlore dissous dans l’eau existe sous deux formes qui coexistent : l’acide hypochloreux, qui désinfecte, et l’ion hypochlorite, qui ne fait presque rien. La proportion entre les deux dépend presque uniquement du pH.

pH de l’eau Part du chlore réellement active
7,0 environ 75 %
7,2 environ 65 %
7,5 environ 50 %
8,0 environ 25 %

Autrement dit : à pH 8, vous versez quatre doses pour l’effet d’une. Le produit part quand même, la facture aussi, mais l’eau ne se désinfecte pas.

La cible est 7,0 à 7,4. Au-delà de 7,6, corrigez avant d’ajouter quoi que ce soit d’autre. À Marrakech, l’eau du réseau et la poussière calcaire poussent naturellement le pH vers le haut : il monte tout seul, il ne descend jamais tout seul.

Le chlore libre : entre 1 et 2 mg/L

C’est la quantité de chlore encore disponible pour désinfecter. La cible se situe entre 1 et 2 milligrammes par litre pour un bassin familial. En dessous de 0,5, la désinfection n’est plus assurée. Au-dessus de 3, l’eau devient agressive pour les yeux, la peau et le revêtement, et ce n’est pas une preuve d’efficacité, seulement de surdosage.

Un bassin traité par électrolyse au sel vise exactement la même valeur : le sel n’est qu’une façon de produire le chlore sur place, pas un traitement différent.

Le TAC : le tampon qui empêche le pH de sauter

Le TAC, ou alcalinité totale, mesure la capacité de l’eau à résister aux variations de pH. La cible est 80 à 120 mg/L.

Si votre pH refuse de tenir (vous le corrigez, il remonte trois jours plus tard, vous le corrigez encore) le coupable est presque toujours un TAC trop bas. Corriger le pH sans corriger le TAC revient à remplir un seau percé. C’est la mesure qu’on ne fait pas toutes les semaines, mais qu’il faut faire quand quelque chose ne tient pas.

Le stabilisant : indispensable ici, et piégeux

Le stabilisant, ou acide cyanurique, protège le chlore du rayonnement ultraviolet. Sans lui, à Marrakech en juillet, une bonne partie du chlore disparaît dans la journée. La cible est 30 à 50 mg/L.

Voici le piège, et il est très répandu : les galets de chlore vendus en grande surface sont presque tous stabilisés. Chaque galet apporte donc du chlore et du stabilisant. Le chlore se consomme, le stabilisant reste. Utilisés toute l’année, les galets font monter le stabilisant saison après saison.

Au-delà de 75 à 100 mg/L, le stabilisant retient le chlore au lieu de le protéger : la mesure indique du chlore présent, et pourtant rien ne se désinfecte. Le propriétaire, logiquement, ajoute des galets. La situation empire.

Le stabilisant ne s’élimine pas. Ni par traitement, ni par évaporation, ni par le temps. Il ne descend que par dilution, c’est-à-dire en remplaçant une partie de l’eau. C’est le seul cas où une vidange partielle s’impose vraiment, et c’est une décision qui se prend sur une mesure, jamais sur une impression.

L’ordre des opérations

Il n’y en a qu’un, et il ne se discute pas :

  1. Mesurer, avant d’ajouter quoi que ce soit, jamais après.
  2. Corriger le pH et le ramener entre 7,0 et 7,4.
  3. Doser le chlore en fonction de la mesure, pas de l’habitude.
  4. Vérifier le TAC et le stabilisant une fois par mois, pas à chaque passage.

Inverser les étapes 2 et 3, c’est gaspiller le produit le plus cher du lot.

Sur quoi mesurer

Les bandelettes colorimétriques sont commodes et suffisent pour un contrôle de routine, à deux conditions : les conserver fermées, à l’abri de la chaleur (un tube oublié dans le local technique dérive en quelques semaines) et ne pas leur demander une précision qu’elles n’ont pas sur le stabilisant et le TAC.

Pour ces deux paramètres, et pour trancher une situation douteuse, un test à réactifs liquides est nettement plus fiable.

Ce que cela change dans un contrat d’entretien

C’est la raison pour laquelle nos rapports portent les mesures et non un simple « eau contrôlée ». Un pH et un chlore relevés à chaque passage constituent un historique : quand une valeur dérive trois semaines de suite, la cause est cherchée avant que l’eau ne tourne, pas après.

Ce que fait le technicien à chaque passage détaille les onze points du protocole, dont ces deux mesures sont le troisième.

Ou confiez-le à quelqu’un dont c’est le métier

Un à trois passages par semaine à jours fixes, produits compris, et le relevé des mesures après chaque passage.

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